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À vomir
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Ma critique complète ici (Attention spoilers importants ) : https://sospoilogie.wordpress.com/2025/10/30/la-petite-derniere-dhafsia-herzi-2025/
Ce qui est remarquable dans ce film, c’est la manière dont est filmée la personnalité clivée de Fatima. Schématiquement, on pourrait dire que son être est divisé en deux, chronologiquement avant et après l’acceptation de son désir homosexuel et spatialement dans les lieux caractéristiques de sa sphère privée et dans les nouveaux lieux qu’elle découvre. Le film s’ouvre sur Fatima, seule chez elle, en train de prier, voilée. Fatima sera souvent seule dans le plan, filmée de profil, visage fermé. C’est une taiseuse, mais elle est à l’aise dans la cuisine de sa mère malgré les remarques blessantes de ses soeurs, à l’école avec son groupe de copains insupportables, dans une cage d'escalier avec son amoureux, sur le terrain de foot sur lequel elle s’entraîne seule (c’est le dernier plan du film). Son monde est clos, elle est à l’étroit entre les injonctions religieuses, familiales et amicales. A l'inverse, à la fac à Paris, loin chez elle et de ses amis d’enfance, Fatima peut ajuster sa personnalité aux nouveaux lieux qu’elle découvre : le resto U, les soirées étudiantes, les manifestations, les bars LGBT (une scène est assez forte en club avec la foule qui reprend en coeur les mots de la DJ “1, 2 , 3 Lesbiennes !”). Malgré tout Hafsia Herzi ne modifie pas totalement sa mise en scène ni la personnalité de Fatima : elle reste taiseuse, réservée, observatrice. Sa tenue est assez symbolique pour montrer son caractère étranger aux nouveaux mondes qu’elle fréquente : habillée tout en noir, casquette vissée sur la tête, cheveux attachés, sacoche en bandoulière. Ce personnage proche de Lisbeth Salander est une des grandes réussites du film, comme si Fatima entrait par effraction dans ce nouveau monde. Le cul (non bouffé) entre deux chaises, ce que les sociologues appellent un habitus clivé.
Créée
le 30 oct. 2025
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