Petite tasse de thé relevée à la poudre de perlimpinpin

Sorti la même année que l’uppercut Taxi Driver, La petite fille au bout du chemin confirmait le talent relativement peu commun de la jeune Jodie Foster, cette dernière signant, à quelques mois d’intervalle à peine, deux prestations à saluer. Néanmoins, si dans Taxi Driver, elle était le knockout bonus d’une praline déchausseuse de mâchoires, dans le film de Nicolas Gessner, elle se démène tant bien que mal pour porter sur ses frêles épaules une histoire paresseuse qui ne parvient jamais à transcender l’intéressant pitch à son origine.

En dehors de la performance marquante de la petite Jodie, le film peine à réellement s’exprimer. Surfant sur des thématiques un peu glauques pour imprimer sur bobine des ambiances malsaines, toute la trame que porte généreusement le cabotin Martin Sheen en étant le fer de lance, La petite fille au bout du chemin accumule les raccourcis d’écriture facile et finit par tomber complètement à plat, une fois son twist médian livré au spectateur. Passé cet amusant retournement de situation, que l’on voit en partie venir, il faut être bien luné pour tenir jusqu’au bout sans vaciller. Non pas que le film soit soporifique, mais il est tellement cousu de fil blanc que la fin des hostilités se déguste assez passivement. Nicolas Gessner peine à renouveler son propos, et se retrouve rapidement à court d’idées. A tel point qu’il conclut son film sans panache aucun, au moyen d’une petite fin noire balbutiante écrite de façon la plus convenue qui soit.

C’est dommage, il y avait matière à délivrer une petite bobine bien plus singulière. L'affiche en tête et devant les promesses d'une première partie vaporeuse, il était légitime de s’attendre à ce que l’élément fantastique s’invite à un moment donné dans l’équation, mais que nenni. Il faut se contenter d’un petit drame peu stimulant, qui repose beaucoup trop sur le charisme juvénile de la jolie Jodie Foster et ne fait pas l’effort de sortir un tant soit peu de son sentier critique beaucoup trop balisé. Pas désagréable, loin de là, mais terriblement anecdotique en somme.
oso
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste L'ours, Homo Video, en 2014

Créée

le 29 sept. 2014

Critique lue 1.5K fois

oso

Écrit par

Critique lue 1.5K fois

9

D'autres avis sur La Petite Fille au bout du chemin

La Petite Fille au bout du chemin

La Petite Fille au bout du chemin

5

oso

917 critiques

Petite tasse de thé relevée à la poudre de perlimpinpin

Sorti la même année que l’uppercut Taxi Driver, La petite fille au bout du chemin confirmait le talent relativement peu commun de la jeune Jodie Foster, cette dernière signant, à quelques mois...

le 29 sept. 2014

La Petite Fille au bout du chemin

La Petite Fille au bout du chemin

6

Fatpooper

14131 critiques

I will survive

Jodie toute jeune et à poil. Je me demande si elle s'est remontrée à poil depuis qu'elle est majeure ? Ha mais en fait, j'apprends à l'instant que ce n'était pas elle à poil, mais sa grande sœur qui...

le 29 mai 2015

La Petite Fille au bout du chemin

La Petite Fille au bout du chemin

10

Junny

2 critiques

Critique de La Petite Fille au bout du chemin par Junny

C'est le premier film où l'on voit apparaître Jody Foster (mais si, souvenez-vous, "le silence des agneaux" !). Et elle est vraiment excellente dans son rôle: c'est vraiment comme ça que j'imaginais...

le 25 mai 2011

Du même critique

La Mule

La Mule

5

oso

917 critiques

Le prix du temps

J’avais pourtant envie de la caresser dans le sens du poil cette mule prometteuse, dernier destrier en date du blondinet virtuose de la gâchette qui a su, au fil de sa carrière, prouver qu’il était...

le 26 janv. 2019

Under the Skin

Under the Skin

5

oso

917 critiques

RENDEZ-MOI NATASHA !

Tour à tour hypnotique et laborieux, Under the skin est un film qui exige de son spectateur un abandon total, un laisser-aller à l’expérience qui implique de ne pas perdre son temps à chercher...

le 7 déc. 2014

Dersou Ouzala

Dersou Ouzala

9

oso

917 critiques

Un coeur de tigre pour une âme vagabonde

Exploiter l’adversité réservée par dame nature aux intrépides aventuriers qui pensent amadouer la rudesse de contrées qui leur sont inhospitalières, pour illustrer l’attachement réciproque qui se...

le 14 déc. 2014