Michael Haneke nous offre, avec le film "La pianiste", une histoire d'amour peu conventionnelle entre Erika Kohut (incarnée par Isabelle Huppert), une professeure de piano, et Walter Klemmer (incarné par Benoît Magimel), un de ses élèves.
À quarante ans passés, Erika vit toujours avec sa mère pour le moins envahissante (Annie Girardot), et se rêve en adepte de pratiques sexuelles sadomasochistes. C'est lors d'un récital privé qu'Erika et Walter se rencontreront, récital pendant lequel Walter tentera d'attirer l'attention d'Erika. Il mettra ensuite tout en oeuvre pour que la professeure l'accepte dans ses cours. Commence alors leur histoire...
Tout comme lors de ses leçons de piano, Erika fait preuve d'autoritarisme dans sa relation avec Walter. Elle choisit les moments où ils se voient. Elle décide qui a le droit de parler, et quand. Walter, fou amoureux, est alors totalement soumis à ses volontés. Or, ce jeu de domination est renversé par la révélation des envies sexuelles d'Erika, qui désire, entre autres, se faire maltraiter. On ressent bien tout le malaise autour de cette révélation. La domination change de camp, c'est maintenant à Walter de l'asservir, elle en devient totalement dépendante, au prix du dégoût exprimé par son nouvel objet de désir.
Toute la profondeur de leur relation se déploie pendant les scènes de sexe, où l'on voit bien qu'Erika n'est pas à la hauteur des envies qu'elle souhaite assouvir. Elle s'en dégoûtera elle-même, elle vomira. Le comble du jeu de domination prendra place lorsque Walter "séquestrera" la mère d'Erika, avant de battre cette dernière. À cet instant précis, le trouble sera semé. Qui domine qui? Walter, frappant Erika au sol, la domine physiquement. Mais en faisant cela, il ne fait qu'obéir aux ordres d'Erika, qui le répugnaient auparavant.
La pianiste est un film trouble, avec de très bonnes idées de mise en scène, et des acteurs qui incarnent très bien leurs personnages.