Lyna Khoudri grimperait au firmament du 7ème art ... De l'apprendre ne m'épargne ni l'agacement ni la frustration de la voir dans un rôle principal. Ses personnages se dérobent à mes yeux et à leur place, je ne vois la plupart du temps qu'une actrice grâcieuse, sérieuse et appliquée. Seulement moi, spectatrice, c'est surtout le personnage que je voudrais voir afin de si possible m'y identifier.
Il manque dans le scenario et la mise en scène du film un travail sur la complexité du personnage principal qui, de simple opportuniste, en arrive à accuser la victime de son imposture. C'est un grand revirement moral or le film ne nous y prépare pas. A la fin seulement , prise de remords, elle dénoncera sa propre imposture. C'est une belle scène, il faut le reconnaître.
Sabine Azéma nous offre son excellent vin pétillant, encore bonifié au fil de ses rôles. Maud Wyler m'a impressionnée par la métamorphose de son personnage, jeune femme inoffensive et falote qui devient folle de vengeance. Laurent Poitrenaux est parfait en neveu bienveillant qui s'oblige à rester lucide.
Dommage que le doute tienne si peu de place dans le film. En le regardant j'ai bien sûr évoqué "J'ai épousé une ombre" de Robin Davis en 1983 qui m'avait bien accrochée par le scenario et les deux scènes-choc tournant l'intrigue à 180 °. Nathalie Baye y faisait honneur, ma foi, à ses aînés du cinéma, Madeleine Robinson et Guy Préjean dans le rôle des beaux-parents abusés et à Richard Bohringer en vrai méchant. Ce n'était peut-être pas un grand film, mais je ne l'ai pas oublié.. Alors que... celui-ci...