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Critique de La Place du mort par JonhkebabVK
Un agréable petit polar qui étonne par sa radicalité…
le 27 mai 2025
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Bring Him to Me est un petit polar australien, ambiance direct to DVD passable, pimpé de loin par une vedette qui vient goulument cachetonner 10 minutes. La vedette, c’est Sam Neill, et il est dirigé par des gens qui auraient dû dire au responsable du catering d’y aller molo molo sur la sangria. Le célèbre acteur propose donc une performance truculente et colorée, ce qui secoue largement le prunier d’un film autrement bien plus calme. Alors bon, de quoi s’agit-il ? Un chauffeur pour braquages de banques, un « driver » comme on appelle ça (oui comme dans Driver, Drive ou Baby Driver) embarque l’un des braqueurs d’un coup qu’ils ont commis quelques jours plus tôt pour retrouver à quelques centaines de kilomètres de là une mystérieuse boss du crime. Le pauvre type pense qu’il va récupérer sa part, mais il file en fait vers son exécution, la boss étant persuadé qu’il a essayé de doubler tout le monde… S’ensuit alors une longue errance dans une muscle car sympa filant toute une nuit à travers les problèmes de conscience du « driver ». L’idée est plutôt chouette et c’est pas si mal foutu, même si c’est pas foufou et que le manque de moyens n’arrange rien… Mais on se fait pas chier, et sa tortille pas mille ans pour raconter son histoire et bricoler sa conclusion, pas renversante, mais tout à fait acceptable. Certes, on aurait bien aimé un cast un peu plus sérieux et Barry Pepper (le driver, on l’a vu notamment dans Titanic, mais le téléfilm, et aussi dans Battlefield Earth, oui le film…) m’a parfois fait penser à une version un peu molle du Sean Harris de l’excellent The Stranger (l’incroyable polar « trve crime » de T.M. Wright).
Le problème, c’est surtout qu’un sentiment de gâchis plombe un peu la vision de ce petit film sympa. Difficile de se défaire de l’idée qu’un peu mieux foutu, un peu mieux écrit et avec un peu plus de moyens, il y avait là de quoi bricoler un film tout à fait honnête, et nettement plus satisfaisant. La situation du cinéma australien prend, année après année, un tour assez catastrophique. Une dizaine de films produits par an, la plupart des trucs sacrément fauchés, tandis que l’industrie semble empêtrée par le boulot déversé par la délocalisation des grosses machines hollywoodiennes. Mais le pire, et le plus navrant, c’est que ce genre de petite production passent à travers le tamis d’un formatage désolant. Du haut de son scénario et de sa facture corrects, Bring Him to Me aurait tout à fait pu choisir de capitaliser sur son identité exotique. Il y a des mafias en Australie, des braqueurs, des voitures et la route est un sujet absolument australien. Les personnages typiques et leurs accents farfelus, les paysages impressionnants et les particularités locales sont autant d’atouts pour les petites prods australiennes. On a donc du mal à comprendre pourquoi le film rame autant pour faire semblant que l’intrigue se déroule en Amérique du Nord : Deux acteurs américains tiennent donc le haut de l’affiche et le films se tourne dans une bagnole qui a le volant à gauche et qui roule du mauvais coté de la route. Bref, on triche comme on peut pour faire croire que tout ça se déroule sur une petite route de Pennsylvanie alors que Bring Him to Me a été tourné sur la Gold coast et du côté de Brisbane. Certes, le boulot est pas si mal fait, et on pourrait presque se laisser attraper, mais ce petit polar australien qui aurait dû compenser ses quelques lacunes par un caractère et une identité forgés par tout un tas de petits détails locaux fait tout ce qu’il peut pour se transformer en téléfilm ricain de fond de bac. Avec Sting, cette histoire d’araignée censée se dérouler à Brooklyn, c’est la deuxième fois que je vois ça en pas longtemps. Ca nous renvoie au début des années 80 lorsque le cinéma australien, cherchant des solutions à la crise qui le plombait et englué dans un système de financement aberrant s’était mis à faire n’importe quoi… Quelle tristesse. Quelle régression et quel manque de confiance dans son identité, relatives aux images que l’on peut fournir et aux thèmes que l’on peut aborder. Reste au final un récit qui méritait mieux, mis en scène par Luke Sparke, un réalisateur prolifique, héros actuel du cinéma bis australien.
Créée
le 28 janv. 2026
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