"La planète des tempêtes" Planeta Bur – 1962 de Pavel Klushantsev est une curiosité pour le bloc de l'ouest – nous.
Malgré un début prometteur dans le style camarade-tout-le-monde au pays des restrictions, le métrage part en sucette après l'avénusissage.
Il y a des dinosaures, des lézards de marécage, des plantes carnivores, des conversations ésotérico-darwiniennes sur la probabilité que des êtres humains(?) aient déjà visité Vénus et des blagues soviétiques à se pisser de rire :
–Quelle est la position de vos compagnons, demandent par radio les camarades sauveteurs au robot John(?).
–Position horizontale, répond le robot John.
Et puis les camardes coulent la mobibulle au fond de l'océan pour échapper à l'attaque d'un ptérodactyle, ce qui donne l'occasion de découvrir un dragon sculpté aux yeux de rubis au fond de l'aquarium. Oui, parce qu'on aime bien le rouge dans cet opus vaguement propagande : outre les rubis, la végétation est rougeoyante ainsi que le feu de camp sur la plage – oui, on est toujours sur Vénus – et l'éruption volcanique dans la lave de laquelle le robot John – qui ne connaît pas les 3 lois d'Asimov – finit par sombrer. Sur l'affiche – très belle – domine le rouge aussi.
Une fois les camarades rescapés, on pousse tous ensemble la chansonnette patriotique en cueillant des échantillons pour les ramener à la nation.
Et bien qu'on le croit ou non, les vénusiens qui se sont planqués jusque là viennent se prosterner devant les déchets abandonnés par l'homo soviéticus reparti in extremis vers la Terre – le pitch à l'envers du pique-nique des frères Strugastsky en somme.
Dommage que le scénario coure plusieurs lièvres à la fois sans en attraper aucun et que le métrage soit monté avec les pieds. Toutefois force est de reconnaître la valeur exotique, historique et patriotique d'un tel opus dont le sens reste obscur pour le spectateur occidental biberonné aux nanars capitalistes hollywoodiens.
"nanar" s'épelle "нанар" en cyrillique.