Un résistant poursuivi par la gestapo trouve refuge dans la clinique psychiatrique d'un ami. La bonne planque donc. Mais on se souvient, depuis "Vol au-dessus d'un nid de coucous", qu'à l'asile, on sait quand on y entre mais pas quand on en sort. Raoul André n'est pas Milos Forman. On peut d'ailleurs craindre le pire de la part de ce réalisateur de comédies et de nanars, à commencer par sa capacité à décrire un lieu authentique, tellement rare au cinéma, quand il s'agit d'évoquer les aliénés. Le réalisateur ne s'en sort pas trop mal, c'est-à-dire qu'il parvient à préserver le sérieux de son sujet dans son environnement de malades et de soignants (ce qui frappe le plus d'ailleurs, dans le récit, c'est l'absence d'empathie de ces derniers).
Le film n'est pas, de toute façon, un film sur les fous : longtemps il poursuit le but de créer des comportements suspects autour du fugitif Georges, joué par Mouloudji, lequel doit se méfier absolument de chacun, qui pourrait être un espion de la gestapo. Par exemple de ce bonhomme Edouard (Francis Blanche), tout sourire et simulateur peut-être ou de cette visiteuse (Louise Cartletti) un peu curieuse.
C'est un sujet qui n'est pas inintéressant et qui fait preuve d'une relative sobriété dans l'interprétation ; mais les raccourcis dramatiques empruntés par le réalisateur, sa mise en scène approximative et manquant de rigueur montrent bien que l'intrigue nécessitait davantage de maitrise.