La Plateforme propose un concept simplissime mais hyper intéressent. Galder Gaztelu-Urrutia enferme ses personnages dans une prison verticale pour livrer une métaphore d'une cruauté absolue sur le capitalisme et les inégalités de classe. Ici la plateforme de nourriture qui descend d'étage en étage devient le miroir parfait de notre monde où ceux d'en haut se gavent et gâchent sans la moindre gêne tandis que ceux d'en bas doivent se contenter des miettes ou s'entredévorer pour survivre.
C'est dans cette mécanique que le film frappe fort en montrant comment la rareté des ressources détruit l'empathie et pousse les individus au cannibalisme ou au meurtre. Le récit dissèque l’hypocrisie de la nature humaine où les mêmes personnes qui subissent la faim au fond de la Fosse finissent par mépriser et oublier les niveaux inférieurs dès que le hasard les recrache au sommet. Entre l'inutilité de la solidarité spontanée et la tentation de la violence pour imposer la répartition le film démonte pièce par pièce le système de classes et l'illusion d'une ascendance sociale équitable.
Mais si le constat social et la montée en tension font froid dans le dos pendant une bonne heure le film s'emmêle complètement les pinceaux au moment de conclure. À force d'accumuler les symboles mystiques et les métaphores religieuses, qui sont sympathique mais pas assez développer du tout, pour tenter d'apporter une réponse à cette injustice le scénario s'évapore dans une fin ultra cryptique qui gâche une partie du propos.