Disney a transformé Alien en franchise à milk shake. On secoue le mythe jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une bouillie sucrée pour ados. Alien Earth n'est pas un préquel, c'est une profanation. On prend la terreur nihiliste, la sensualité crade, l'oppression industrielle, et on balance tout dans un mixeur avec Stranger Things, Peter Pan et un soupçon de XMen pour gamins en crise. Résultat une série qui hurle "fan service" mais qui te crache à la gueule avec du contenu vide, étiré sur 8 heures comme un chewing gum collé sous une table au lycée. Là où les premiers films avaient su mêler peur, puissance et sexualité symbolique ici il devient trop gentil, totalement chaste. L’idée de danger, de sensualité étrange disparaît complètement.
Dès le concept tout sonne faux. Un préquel se déroulant sur Terre, alors que les Aliens n'y ont jamais mis une patte avant les films originaux. Pourquoi la WeylandYutani dépenserait elle des fortunes pour aller les chercher à des années lumière si on en avait déjà sous le coude ? Mystère.
Et même là, on ne voit jamais la Terre réellement. On est toujours en intérieur, cloisonné. Si la série s’était passée sur une autre planète cela aurait été pareil.
En ce qui concerne le scénario, c’est un gloubiboulga qui commence par copier Alien le 8e passager avec un équipage qui crève en deux minutes, un cyborg vilain (avec un jeu d'acteur atroce) qui sert la compagnie pourrie. Et là, bam un crash d'un vaisseau inconnu du coup envoyons une bande de gamins synthétiques avec super pouvoirs qui dressent les Aliens comme des clébards cosmiques. WTF ? Ces synthétiques ont des pouvoirs dont on n’a jamais entendu parler avant alors que la série est censée se passer avant les films, et l'Alien obéit au sifflet pour flinguer les méchants dans un montage clignotant faisant peur aux épileptiques.
Il y a aussi les références à Peter Pan. Un marteau sur le crâne, milliardaire mégalo (arrêter avec ses pieds d'ailleurs) dans son labo "Neverland", androïdes "enfants perdus", dialogues qui t'expliquent tout au cas où t’es un abruti. C'est lourd, explicatif, sans une once de subtilité. Le sous texte c’est un marteau. Chaque métaphore est expliquée trois fois, chaque symbole est surligné au Stabilo.
La série nous harcèle avec les plans doubles atroces qui superposent deux images comme un montage PowerPoint fait par un stagiaire. Sérieux c'est laid, arrêtez ça.
Les musiques hystériques démarrent pour rien, un regard dramatique, un silence, et BOUM, du rock qui hurle comme si un facehugger te sautait à la gorge. La caméra ne sait pas où se poser, rien n'a de sens, tout sonne faux, tout fait tache.
Visuellement, c'est plat, cheap, des décors sans relief qui ressemblent à un hangar IKEA vaguement éclairé en bleu.
Timothy Olyphant en androïde froid avec un regard cynique, c'était cool, un vestige de classe qui observe les humains faire n'importe quoi. Mais c'est tout, et même là ça nous rappelle David.
8 heures de remplissage pur, dialogues d'expo mous dans un labo fermé, cliffhangers artificiels qui coupent quand il ne se passe rien depuis une heure.
Alien Earth est un désastre à tous les étages, une série sans rythme, sans frisson. Une purge intergalactique de 8 heures où la saga se transforme en bluette pour ados avec des super pouvoirs et des Peter Pan en carton. L'Alien n'est plus un cauchemar, c'est un toutou qui attend son os. Tension nulle, idées ridicules. Disney avait de l'or dans les mains et en a fait une bouse de l'espace.