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On n’a pas le choix
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le 10 mai 2025
J'ai eu envie de me plonger un peu plus en profondeur dans le cinéma des frères Dardenne (après avoir déjà regardé Deux jours, une nuit il y a plus de six ans, que j'avais apprécié, sans qu'il me laisse une trace indélébile) en commençant par La Promesse qui, sans être leur premier long-métrage, est toutefois considéré comme étant celui qui a forgé leur style après les mauvaises expériences rencontrées sur Je pense à vous.
La Promesse est un film naturaliste qui reprend volontairement les codes du format documentaire, « à la Strip-Tease », sans que ce soit aussi chiant qu'un film de Maurice Pialat pour autant (je vais encore me faire des amis moi), bien que le long soit sujet d'un pathos un peu trop appuyé par moment.
De tout ce que j'ai pu voir, la relation entre Igor (Jérémie Renier) et Roger (Olivier Gourmet) est sans nul doute celle que j'ai trouvée la plus intéressante, avec ce daron qui personnifie très bien le sachlich, cette réification très froide, qui fait qu'il perçoit tout d'un point de vue coût/bénéfice, qu'il n'hésite pas à exploiter son fils (qu'il ne considère pas vraiment comme tel) et lui commander de le couvrir, sans pour autant tomber dans le piège de le dépeindre comme un monstre sanguinaire.
Igor va se retrouver à choisir entre deux pères : le sien, qui ne respecte pas les engagements qu'il devrait avoir envers son fils, et un autre, Amidou, « mort pour son père » justement, qui lui a fait promettre de s'occuper de sa famille. Il y a quelque chose de très cruelle avec cette promesse, à aucun moment Amidou ne demande à être sauvé, il se sait déjà condamné dans ce monde dans lequel la vie d'un travailleur clandestin n'a aucune valeur, d'où la promesse qu'il demande à Igor de tenir envers sa famille avant de reposer indéfiniment dans les fondations du bâtiment.
Les croyances ésotériques d'Assita m'ont toutefois semblées un peu superflues, d'autant plus que le film a tendance à leur donner raison. Même si ç'a du sens au sein du long-métrage (la vérité se situant davantage chez ceux que la société considère comme irrationnels), ces passages auraient pu être mieux amenés, avec plus de doutes et d'ambiguïtés.
La Promesse se conclut sans colère, ni célébration du pardon ou de la réconciliation, il acte simplement les choix d'Igor et de son corps qui ne pouvait plus garder ce secret en lui.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films avec Jérémie Renier, Les meilleurs films de 1996, Les meilleurs films belges, Mon année deux-mille-vingt-six cinématographix et Les meilleurs films avec Olivier Gourmet
Créée
le 14 juil. 2026
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