Avec La Réparation, Régis Wargnier opère un confus mélange des genres ; d'un côté le drame familial, incarné par la brigade d'un restaurant étoilé mené par un père exigeant et sa fille rêvant de partir ailleurs. De l'autre, un ersatz de thriller, qui mène Clara à Taïwan, à la recherche de son père et de son petit ami disparus.
Wargnier suspend ici et là son film dans les paysages bretons ou taïwanais, sans que cette contemplation ne réussisse à insuffler un véritable suspens à la trame de son histoire. La Réparation ne réussit pas à adopter un ton uniforme, ni à créer une véritable aura de mystère. Il en émane une certaine froideur, qui met le spectateur à distance. Peut-être est-ce un montage trop lisse, qui ne rythme pas les différentes péripéties du film. Peut-être est-ce des acteurs qui semblent se retenir, des dialogues simplistes ou des réactions trop convenues, mais la mayonnaise ne prend pas.
Le film est traversé par un cruel manque de cohésion et d'affirmation. Pourtant, les bonnes idées ne manquent pas ; l'effacement de l'identité dans la transmission des savoir-faire culinaires, une enquête menée par le goût et la piste de saveurs. Mais Wargnier ne les traduit pas dans sa mise en scène très conventionnelle. Et malgré une durée raisonnable, le film retombe comme un soufflé.