Certes, les scénaristes ne se sont pas foulés pour la trame, reprenant à peu de choses près celle de La Poursuite infernale. Rory Calhoun n’est pas Henry Fonda, mais il a une présence à l’écran qui aurait mérité à sa carrière davantage que celle qui l’a cantonné à de petits westerns. Quant à Louis King, s’il n’a pas le talent de son frère Henry, il démontre ici un certain savoir-faire.
Cette Rivière de la poudre est indiscutablement une petite série B dont les enjeux, notamment psychologiques, semblent démesurés par rapport à sa capacité à les traiter, mais certaines différences avec le fameux règlement de comptes à Tombstone apportent une originalité à l’ensemble. Ficelé en à peine 1h15, le résultat est évidemment bien superficiel et on peut s’étonner du manque d’action (même le gunfight final est réglé en moins de deux minutes chrono), le réalisateur faisant le choix de s’attacher davantage aux relations entre les différents protagonistes dans des paysages de qualité.
On sent clairement le manque de moyen, les limites de ce type d’entreprise, mais ce petit western a des arguments à défendre et se regarde sans aucun ennui tant il est bien rythmé. Ils permettent de fermer les yeux sur certaines maladresses, quelques raccourcis trop abrupts et les traditionnelles incongruités liées à ce type de petites entreprises.