Road movie délicat et pertinent porté par la lumineuse interprétation du jeune Charlie Plummer, La Route Sauvage se positionne dans l’excellence du cinéma indépendant américain, se soustrayant aux scories du genre comme le misérabilisme ou un lyrisme excessif.
Certes, le discours social et les difficultés de la working class aux Etats-Unis touchée par l’extrême pauvreté constituent le socle narratif sur lequel s’appuie le récit, mais le réalisateur n’abuse jamais du pathos, tout en évitant soigneusement tout angélisme. Il accède ainsi à un bel équilibre et peut déployer avec simplicité l’histoire de cette amitié peu commune.
Concis et direct, le scénario est fluide mais pas forcément attendu. On est emporté par ce récit d’apprentissage, la détermination un brin naïve de Charley et son attachement viscéral au cheval, tout en appréciant la beauté et la rudesse du grand ouest américain. Le cinéaste délivre d’ailleurs ses meilleures scènes dans le désert, théâtre d’improbables mais touchant dialogues en guise de thérapie entre le jeune homme et l’animal. Bien encadré par les toujours parfaits Steve Buscemi et Chloë Sevigny, Charlie Plummer vibre à l’écran d’une rayonnante présence et d’une intelligence de jeu prometteuse pour lesquelles il a obtenu le prix du meilleur espoir à la Mostra. C’est peu dire que c’est mérité.