Une jeune prof motivée et dynamique décide de mener sa propre enquête au sein de son collège suite à une série de vols. Elle a l'idée de laisser traîner sa veste avec quelques billets dans sa poche et de filmer la salle des profs avec son ordi pour chopper un éventuel voleur. Evidemment, quelqu'un tombera dans le piège, la vidéo révèlera le(la) coupable (par manche de chemisier interposée) et l'établissement va progressivement sombrer dans le chaos suite à un enchaînement ininterrompu de mauvaises décisions de la part des adultes.
D'autres personnes sur le site ont fait une liste détaillée des comportements et décisions pas crédibles. Mais la fin justifie les moyens. Si le réalisateur veut arriver au dit chaos en quelques jours, il faut bien que des gens prennent des décisions débiles ou se comportent de manière irréaliste, sinon on n'y serait jamais arrivé. On assiste donc à une réunion où un prof n'-oblige-pas-mais-en-fait-si deux délégués de classe de 6e à dénoncer un copain pour vol, on voit la petite prof qui rend un briquet à une élève sans en parler au principal ou aux parents (trop sympa, la prof !), la prof qui se laisse interviewer, enregistrer, photographier par des élèves alors qu'elle sait que l'interview a dérapé et que l'ambiance dans le collège est déjà sérieusement dégradée, la prof qui laisse dégénérer sa réunion avec les parents, la prof qui laisse sa classe sans surveillance à tout bout de champ (autorisé en Allemagne ?), la prof qui se fait frapper par un élève et n'alerte pas la police, la prof qui reste seule avec un élève et s'enferme avec lui (autorisé aussi en Allemagne ?)...
Le réalisateur profite allègrement de notre méconnaissance du système scolaire allemand. J'étais toujours en train de me dire : "Ah, mais c'est peut-être autorisé en Allemagne, ça ? Du coup, je peux pas trop juger..." Très pratique, ça.
Le plus frappant, c'est que les enfants ont un comportement instinctif qui paraît plus normal. Oskar veut défendre sa mère et savoir pourquoi elle souffre. Il met la classe de son côté et la monte contre les adultes qui font n'importe quoi. La "grève" des élèves face à la prof est une des rares scènes réalistes du film. La solidarité s'installe entre les élèves, entre les parents (voir la catastrophique réunion parents-prof), mais elle est inexistante chez les enseignants qui se tirent dans les pattes et surtout, ne se font pas aider par la police. Le but est-il d'alerter la communauté éducative ? Si oui, j'approuve, mais dans ce cas, il fallait bétonner le réalisme.
J'ai une tolérance peu élevée pour ce qui n'est pas crédible. J'ai eu envie d'abandonner au bout de vingt minutes. Mais on peut toujours prendre ça pour une fable et se dire : "Imaginons un collège où tous les adultes font n'importe quoi et où seuls les enfants ont un comportement normal ?" Malgré mon intolérance, ce n'est pas ça qui va me faire abandonner un film. Le but du réalisateur était de nous montrer une situation extrême, sans se préoccuper de réalisme, c'est comme ça que je vois les choses. "Je peux l'accepter et mon coeur est toujours ouvert." ^^
Mais mon principal problème, il est vraiment tout bête : je n'ai jamais eu la moindre empathie pour cette petite prof justicière dans l'âme qui a eu l'idée bien tordue et malsaine de laisser son portefeuilles comme appât et de filmer ses collègues. C'est à ce moment-là que tout a basculé pour moi. Elle m'a profondément déplue et j'ai eu envie de la baffer à chaque gros plan qui a suivi. Et ça, c'est plus difficile à supporter que le côté pas crédible du film.