Un double Roger Moore. À la cuillère, pas au shaker.
C’est The Man Who Haunted Himself, dernier film du réalisateur britannique Basil Dearden.
Adaptation d’un roman d’Anthony Armstrong.
Un récit modestement vertigineux.
Un entrepreneur de La City (Roger Moore) voit sa vie basculer lorsque ses associés et son entourage lui prêtent des agissements dont il n’a aucun souvenir. Amnésie consécutive à son récent accident de la route ? Trouble dissociatif ?
Harold Pelham, lui, est convaincu d’être la victime d’un doppelgänger.
De quoi ce double serait-il alors l’expression ?
Des frustrations et fantasmes réprimés de son « modèle ».
L’autre Harold fréquente les bars, entretient une liaison extraconjugale avec une photographe de mode, et roule en coupé sport.
D’une pratique décomplexée du business.
Le très gentleman Harold Pelham se retrouve ainsi suspecté par ses associés d’avoir organisé une fuite d’informations vers une entreprise concurrente afin de servir ses intérêts. Une manigance dont le principal intéressé nie être l’instigateur, l’attribuant à son homonyme. Ce dernier incarne une nouvelle manière de faire des affaires. Moins scrupuleuse. Plus agressive.
Le double devient la manifestation d’une potentialité.
Intéressant.
Le film tire un peu en longueur. C’est son côté pantouflard.
Mais il s’emballe, se débride – même visuellement – dans sa dernière demi-heure. De manière convaincante, Roger Moore y repousse les limites de son répertoire, que j’imaginais jusqu’ici circonscrit à la goguenardise.
Formellement, The Man Who Haunted Himself finit par incarner la dualité de son personnage.
Doublement intéressant.
C’est mon premier Basil Dearden. Il en appelle d’autres.