Si on veut porter à l’écran une œuvre telle que Elle pour la huitième fois, la question qui s’impose est : « Qui s’ra elle ? » et non pas : « Quand la paix règnera-t-elle enfin au Moyen-Orient ? » et si on veut du sexy, on prend Ursula en 65 et pas Helen Gahagan dont wikipedia vous apprend qu’elle est plus connue comme femme politique que comme actrice.
Bon, plus sérieusement (quoi que), si on veut porter à l’écran une œuvre telle que Elle en 1935 et qu’on met dans la bouche de la reine des paroles telles que « Mon pouvoir ne vient pas de la force mais de la terreur » et « J’impressionne l’imagination », on ne peut pas ne pas me faire penser aux grandes cérémonies fascistes et nazies à la même époque de l’autre côté de l’Atlantique.
Troisième supposition : si on veut inspirer toutes les méchantes que dessinera Disney, ou si c’n’est pas lui-même, tous les dessinateurs payés par lui, les Malefique et autre Cruella, on l’habille comme ici en violet sombre jusqu’au cou, on l’assoit sur un trône avec une couronne sur la tête et elle n’a plus qu’à se comporter comme la reine dans Alice qui s’écrie : « Qu’on lui coupe…la tête ! ». Par contre, quand on veut lui faire jouer une jolie scène sentimentale où il suffit de remuer la surface d’un plan d’eau pour qu’apparaisse comme un reflet un souvenir perdu, on lui change le costume et on l’habille d’une robe très vaporeuse aux tons pastel.
Enfin si on veut savoir comment je trouve le film, je dirai « plutôt bien », finalement, car pour un film sorti cinq ans avant One Million B.C. et malgré un Randolph Scott qui est moins crédible au pistolet que dans les westerns de Boetticher plus de trente ans plus tard, on a un final entre les premiers Fritz Lang pour l’architecture et une chorégraphie à la Busby Berkeley qui n’est pas désagréable du tout.