Remote tire profit du succès des deux volets Home Alone (Chris Columbus), respectivement sortis en 1990 et 1992 : soit un jeune garçon contraint de se débrouiller seul dans une maison face à trois malfrats, mobilisant ainsi son imagination et son savoir-faire technique pour tendre différents pièges. L’intérêt de cette petite production produite par Albert Band réside dans la réalisation de Ted Nicolaou, fluide et dynamique, qui compose quelques très beaux plans à l’instar des deux enfants en vélo et d’un chien essoufflé remontant une route pentue, captés par un caméra en plongée, ou des séquences mobilisant les diverses maquettes et miniatures téléguidées. En cela, la première partie, dépourvue des enjeux narratifs principaux, s’avère des plus réussies, construit une amitié crédible autour d’hélicoptères réduits, de voitures lancées à toute allure ; elle diffuse d’ailleurs une certaine mélancolie teintée de nostalgie, reflet d’un âge où le merveilleux voyait ses pouvoirs s’exprimer sur le monde extérieur. Les décors, ceux d’une rue pavillonnaire en pleine construction, rappelle le cadre choisi par Poltergeist (Tobe Hooper, 1982), autre film sur l’enfance. Cependant, là où Kevin McCallister faisait face à deux antagonistes attachants, dotés chacun d’un caractère singulier, Randy Mason subit cinquante minutes durant la bêtise de trois fantoches tels que le conçoit le divertissement familial américain, caricatures bouffies qui ne tiennent pas en place, exagèrent leurs réactions et lassent rapidement le spectateur. Dommage.