Il y a presque toujours eu une bonne dose de nihilisme dans le cinéma de Guillaume Nicloux, et la tendance va en s'accentuant au fil des années, qui marque une volonté bien établie du réalisateur de ne pas donner au public le confort qu'il attend. Ce côté "à rebrousse-poil" peut fonctionner, dès lors que le sujet qu'il traite n'est pas intrinsèquement sans nuances dans la noirceur. Mais nettement moins quand le cinéaste s'attaque au fantastique comme il le fait dans La Tour, qui nous précipite d'emblée dans une situation extrême, sans échappatoire. Moins une allégorie qu'une parabole sociale, le film enferme son propos dans un scénario bien peu travaillé, non exempt de provocations gratuites, dans lequel il faut comprendre qu'en cas de posture de survie, l'homme est un relou pour l'homme et obligatoirement versé dans un repli communautaire. La triste démonstration s'accompagne hélas d'une écriture cahoteuse et de dialogues souvent ineptes qui ne font guère la part belle à des personnages, beaucoup trop nombreux, dont nul d'entre eux ne marque un tant soit peu. Si le postulat de départ intrigue un temps, il ne tient pas sur la durée, ne parvenant pas même à créer l'effroi et encore moins à intriguer, tant une multitude de détails pratiques (concernant ladite survie) nuisent à la crédibilité de l'ensemble. Au final, on ne s'attache à rien, ni aux protagonistes, à la description rudimentaire, ni à une action confinée qui ne tend que vers le néant.