Sebastian Lelio va se sentir coupable d'avoir pu réaliser La Vague, sa vision des féministes peut paraître très maladroit mais c'est avec une bonne démarche artistique, que le film sauve. La légitimité de pouvoir parler des événements du Chili en 2018 lui donne du fil à retordre au cinéaste qui va même jusqu'à justifier de pourquoi il a envie de parler de ce sujet. Un personnage principal comme Julia (Daniela Lopez) se retrouve dans un conflit avec un de ses camarades sur la question des violences sexuelles. Jamais le personnage de Julia ne trouve une trajectoire surtout si on se qualifie de “féministe”. Là où Sebastian Lelio se retrouve dans une position maladroite au sujet des féministes. C’est de vouloir jouer la carte de la radicalité au sens brut du terme. Les femmes et les hommes sont séparés par une dualité dérisoire : le bien du côté des femmes et le mal du côté des hommes. Les hommes ne pouvant pas rejoindre la cause féministe, ça pourrait dans un temps déformer la cause. Si la démarche artistique est saluée, elle est avant tout inégale dans la proposition. D’abord une première séquence remarquable en termes de mise en scène, puis un creux intense et puis comme le cinéaste s’est rendu compte qu’il a oublié le genre de la comédie musicale, il donne une dernière partie au bord de l’hémorragie. C’est quand l'individualité et le traitement de Julia est délaissé pour donner enfin un film collectif.
La Vague avait un énorme potentiel au sens visuel et narratif, mais détruit par des jugements présomptueux.