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SuivreUne vallée de larmes
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La Vallée perdue commence comme un film de Żuławski, une sorte de chaos esthétique morbide, jusqu’à la découverte de la vallée. D’entrée, on est pris par cette partie esthétique. Pour un film anglais, c’est assez osé pour l’époque.
Le film a globalement un côté nihiliste. Tous les personnages sont des salopards en puissance, mis à part celui d’Omar Sharif, une sorte d’observateur pacifiste. On pourrait plus ou moins s’identifier à lui en tant que spectateur, car on suit son point de vue du début à la fin.
Techniquement, c’est une apothéose. Cette période historique si peu utilisée au cinéma est enfin abordée de bien belle façon, déjà par la qualité des costumes, très authentiques. On sent que le budget a été mis dedans.
Les décors sont aussi très soignés, on y croit à fond, et le casting, fait uniquement de gueules cassées qui louchent, aide bien également pour l’immersion.
On retrouve notamment Omar Sharif, qui livre une prestation plutôt bonne, comme souvent. Il a son regard perdu, assez hypnotique. Et le grand Michael Caine, qui signe ici l’un de ses rôles les plus marquants, à la fois très redoutable et charismatique. La barbe lui va si bien. On est loin de son dandysme habituel, ici, il campe un Allemand froid et dur.
Niveau scénario et thématiques, le film est d’une grande richesse. On voit une sorte de mainmise du pouvoir par plusieurs hommes sur le village, de façon hiérarchique. D’un côté, la religion catholique qui manipule les paysans, le dictateur de la vallée, qui s’enrichit sur le dos des autres tel un tyran, et enfin le capitaine, qui symbolise le militaire qui négocie pour pouvoir créer un climat de coalition.
C’est intéressant de voir que tous les hommes sont cupides, que même les hommes du capitaine sont avides de prise de pouvoir. Tout n’est que trahison dans ce film. On te met un couteau dans le dos à la moindre occasion. Le film est riche pour questionner les religions catholique et protestante, ainsi que païenne avec le personnage de la sorcière.
Le rythme du film est très bon. Il se passe toujours des péripéties, le déplacement d’une statue, la trahison d’un personnage, des mutineries... On ne s’ennuie jamais, les deux heures passent très vite.
La musique de John Barry est très belle, très mélancolique, digne des plus beaux scores de l’époque.
Les bémols sont, pour moi, la relation amoureuse avec la très belle Madeleine Hinde, qui ne fonctionne pas du tout. Ça prend peu de place dans le film, donc ça passe. Celle avec Florinda Bolkan fonctionne bien mieux, d’ailleurs. On sent que c’est une esclave qui se sent libérée avec Michael Caine. D’ailleurs, la très belle fin de Michael Caine, où il lui dit adieu, vaut quand même le coup, rien que pour cela.
Enfin, le dernier plan du film, qui pour moi coupe trop vite, aurait pu être amélioré avec quelques plans de coupe en plus. Ça fait très bâclé, je trouve.
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