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Premier film en costumes de Cédric Klapisch, La Venue de l’Avenir se balade avec légèreté entre deux époques pour nous raconter une jolie histoire de filiation et titiller notre curiosité. Il joue aussi avec notre fibre ludique en nous plongeant dans deux enquêtes à 130 ans d’intervalle. La première se passe aujourd’hui, alors qu’une vingtaine de personnes se découvrant cousins héritent d’une vielle maison à l’abandon. Quatre d’entre eux commencent à s’intéresser à la vie de leur mystérieuse aïeule, Adèle, au fur et à mesure qu’ils explorent les souvenirs qu’elle y a laissés. La seconde voit Adèle quitter la campagne havraise à la fin du 19ème siècle pour la capitale à la recherche d’une mère qu’elle n’a jamais connue. Après dix premières minutes un peu poussives, le dispositif se met pleinement en place et s’avère de plus en plus pertinent. Les deux arcs narratifs se rapprochent pour finir par se croiser dans une scène surréaliste aussi émouvantes que désopilante. Cette « rencontre » est d’autant mieux amenée qu’on s’est entre temps attaché aux personnages, ceux avec chapeaux et ceux sans.

Les scènes dans ce Paris coloré de 1895 sont réjouissantes, la ville y est sans doute fantasmée et idéalisée mais on s’y sent bien, tout comme on se plait à voir les quatre personnages contemporains se rapprocher en fouillant le passé de leur famille commune.

Car La Venue de l’Avenir est très bien écrit, drôle, fin, et malin dans sa manière de nous faire traverser le temps. Le scénario ne va pas forcément là où on l’attend, dans ce qu’il raconte, dans ce qu’il révèle. Le film réserve son lot de surprises, l’émotion qu’il suscite n’étant pas la moindre d’entre elles. Comme dans la plupart de ses films, Klapisch cherche à montrer ce qui lie les gens, sonde ce qui fait une famille et ce qui rapproche des personnes qui n’ont à priori rien à voir.

C’est aussi un film de troupe, la connexion entre les comédiens est naturelle, évidente. C’est amusant comme La Venue de l’Avenir confronte deux époques, mais aussi deux générations, entre les anciens, comme Soualem, Giraudeau, Macaigne ou Cécile de France (étonnante), et les népo-babys mais néanmoins talentueux Paul Kircher, Vassili Schneider ou Abraham Wapler. Mais c’est surtout Suzanne Lindon qui attire les regards, avec son physique atypique et intemporelle, semblant tout droit sortie d’un de ces photos d’époques.

Sans sacrifier le fond, Klapisch signe une fresque à l’ambition formelle inédite qui nous embarque littéralement ailleurs. Pari(s) plus que réussi.

Thibault_du_Verne
8

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le 3 juin 2025

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