Notes sur le film : (spoiler) Film sur le point de vue mais qui demeure moins théorique qu’une œuvre de Brian De Palma, pour citer un cinéaste exemplaire sur la question, La vérité nue plonge derrière les apparences. Le film perpétue l’idée fondamentale que les images mentent – et au cinéma, 24 fois par seconde, comme dirait J-L. Godard -, mais appuie l’idée que c’est aussi le cas de ceux qui sont en position de regarder. En effet, la journaliste ambitieuse qui enquête sur deux ex-stars de la TV pour lever le voile sur leur mystère a tout de la Candide qui découvre le pot-au-rose, mais la fraîcheur de son regard n’excuse jamais la faiblesse de son éthique, comme sa propension a plongé dans ses rêves en se plaignant ensuite d’être mouillée : elle ment sur son identité et sur ses intentions, couche avec l’un, prend de la drogue avec l’autre et s’insurge d’avoir été piégée par ses propres choix… In fine, Atom Egoyan appuie l’idée que, si les stars s’oublient dans leurs excès, les font subir aux autres et en paient le prix, ceux qui ne le sont pas (célèbres) mais se trouvent dans leur environnement ne sont pas à sauver. La journaliste, comme l’homme à tout-faire de Larry et la wannabe journaliste décédée le prouvent d’autant plus fortement. Si « le pouvoir tend à corrompre et le pouvoir absolu corrompt absolument », Atom Egoyan avance plutôt, dans un élan pessimiste, que la célébrité corrompt… mais pas uniquement ceux qui sont célèbres.