Annoncé comme un désastre industriel, j'ai fini par voir cette « première-dernière » aventure de la « bande du Sentier », loin d'être réussie, certes, mais pas si honteuse non plus. Le gros souci, c'est la prévisibilité. Autant cet humour pouvait fonctionner à une époque, autant on voit arriver ici les gags à 50 000 kilomètres, si bien que l'immense majorité tombe à plat. Pas très léger sans être lourdingue, l'ensemble se laisse à peu près voir, notamment grâce à l'énergie de jeunes comédiens très convaincants, parfaitement choisis physiquement (une telle ressemblance en est même étonnante pour certains).
Il y a un certain dynamisme, et le dernier tiers est plutôt convenable. Après, on sent vraiment les signes d'une saga à bout de souffle, n'ayant plus grand-chose dans le moteur niveau idées, personnages, enfermée dans une logique ayant déjà épuisé tout ce qu'elle avait à raconter. Reste ce temps béni des vidéoclubs qu'on est content de retrouver brièvement, et même si l'on est parfois pas loin du pire théâtre de boulevard, on peut comprendre les émois post-adolescents provoqués par Audrey Dana. Pas grand-chose à ajouter, si ce n'est que sans être le navet craint (espéré?), les aventures d'Eddie, Patrick, Serge et les autres prennent fin sur un très lourd échec commercial, sans doute un peu sévère, mais pas totalement illogique.