Une jeune avocate dont le fiancé, malade, vient de sortir de prison, défend une femme accusée d'infanticide et s'oppose à son beau-frère, procureur. Premier film d'après-guerre de Mizoguchi, La victoire des femmes est un vibrant plaidoyer pour la démocratie, ce qui ne pouvait que plaire aux occupants américains, et surtout pour la cause féministe. Celle-ci est incarnée par une avocate qui doit lutter à la fois sur les plans familial et professionnel. Très ancré dans la réalité japonaise de l'époque, le film est un mélodrame qui est assez souvent didactique et sentencieux avec des personnages stéréotypés. Il n'en reste pas moins un film de Mizoguchi tant sur le fond, très engagé, que sur la forme, avec des cadrages millimétrés, bien qu'il y ait moins de plans séquences que dans ses films suivants. Kimiyo Tanaka, une habituée du cinéaste, est remarquable dans le rôle principal. Sa sœur est jouée par l'excellente Michiko Kuwano (vue auparavant chez Shimizu et Ozu, notamment) qui mourra tragiquement avant la fin du tournage.