La Vraie vie des profs aimerait célébrer le déverrouillage de toutes les instances privées, depuis la vie intime des enseignants jusqu’aux rapports hiérarchiques qui insèrent un collège public et son personnel dans un système institutionnel plus large. Le problème réside pourtant dans sa vulgarité intrinsèque : tonale, visuelle, scénaristique. Car la caricature mute ici en un show ras-de-ceinture qui change les enseignants en bêtes sexuelles débauchées et les élèves en enquêteurs soucieux de démasquer l’hypocrisie des premiers. Si bien que la thématique initiale, à savoir le viol du privé par les nouvelles technologies, devient une ode à la libération de toute chose, suivant une logique de partage des données personnelles très à la mode aujourd’hui – pas un site internet dont l’accès ne soit temporairement bloqué par une page d’autorisations. On aimerait nous rendre la chose cool, fun, lol. Elle n’en est que plus dégoûtante, à l’instar de la complaisance avec laquelle les réalisateurs se délectent de la syntaxe désastreuse et du vocabulaire néologique de leur personnage principal, Albert.
Ratage sans mention ni rattrapage.