Certaines productions françaises des années 30 n'ont pas tant vieilli, mais c'est principalement dû au talent intemporel des Duvivier, Renoir et Clair, entre autres, de même qu'à leurs qualités de scénario et de dialogues. Ceux-ci, dans Lac aux dames, sont signés Colette, et frisent la mièvrerie, hélas. Par ailleurs, Marc Allégret, moins doué que son frère Yves, ne parvient pas à rendre romantique son intrigue qui s'éparpille dans plusieurs directions. Raté aussi l'aspect fantastique, malgré le charme du lac de Constance. Jean-Pierre Aumont, en maître-nageur sans le sou et naïf, éphèbe dont les femmes raffolent, se montre peu convaincant. C'est du côté des dames que l'on trouvera quelques raisons d'accorder un semblant d'intérêt au film. Simone Simon, notamment, qui a fait ses premiers pas peu de temps auparavant, est adorable en sauvageonne au coeur pur.