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Lady Blood, c’est un film qui revient d’entre les morts. Littéralement. Quinze ans après Baby Blood, Jean-Marc Vincent tente de ressusciter une légende du gore français… mais ce retour sent un peu la poussière.
On retrouve Yanka — Emmanuelle Escourrou, toujours aussi viscérale, toujours prête à mordre la caméra. Elle est capitaine de police maintenant. Mère aussi. Mariée à son psychiatre. La femme domestiquée, apaisée, rangée. Et c’est justement là que tout recommence. Des meurtres, du sang, des visions, des cauchemars — et ce monstre intérieur, celui qu’elle croyait enfoui, revient cogner à la porte.
Le film aurait pu être fascinant. Il y avait cette idée presque mythologique : la maternité comme malédiction, la chair comme fardeau, la mémoire du corps. Mais à l’écran, Lady Blood se perd dans son propre formalisme. Trop de filtres rouges, trop de zooms nerveux, trop de répliques qui claquent sans chair. Ça veut faire peur, ça veut choquer, mais souvent… ça fait sourire.
Et pourtant, il y a des moments. Oui. Des instants où le cinéma reprend le dessus. Quand Escourrou hurle — pas comme une actrice, non, comme une bête blessée — le film s’élève. Il y a là quelque chose de brut, d’ancien, d’instinctif. Serge Riaboukine, lui, campe un flic à la gueule cassée, presque touchant dans sa brutalité. Et Matthias Van Khache… il fait ce qu’il peut, au milieu d’un scénario qui hésite entre le policier et le grotesque.
Mais le problème, c’est que Lady Blood ne sait pas ce qu’il veut être. Suite spirituelle ? Délire gore ? Métaphore féminine ? Thriller psychologique ? Il tire dans toutes les directions, et finit par s’abîmer dans une mise en scène survoltée, saturée, étouffante.
Reste une curiosité, une tentative sincère mais désaccordée. Un film d’instinct plus que de raison. Un cri un peu archaïque dans un cinéma français qui, à l’époque, ne savait plus trop quoi faire du genre.
Alors oui, Lady Blood a du cœur. Il bat fort, mal, mais il bat. Et c’est peut-être ça, sa vraie victoire : rappeler qu’avant la peur, il y a la douleur.
Ma note : 8 sur 20.
Un objet étrange, malade, vibrant par moments — et à moitié vivant.
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