Le sujet du film était en soi alléchant et ça s'est avéré être intéressant, s'agissant des lignes de Nazca, du moins. Je n'en connaissais pas grand chose, à vrai dire, si ce n'est qu'elles apparaissent comme un aménagement de case possible dans le jeu Civilization. Et que c'était un truc vaguement inca : mais que nenni, elles ont été tracées par une civilisation bien plus ancienne, au Pérou tout de même, par - justement - les nazcas.
Alors le film se présente quasiment comme un documentaire, disons un docu fiction. Mais en dehors de l'aspect documentaire, il ne présente pas grand chose d'intéressant. Il est centré sur la personne de Maria Reiche, surnommée Lady Nazca. On pourrait d'ailleurs le considérer comme un biopic de cette dame; mais du coup, il est trompeur comme cela peut souvent être le cas d'un biopic. Passons sur la liaison qu'entretient Maria à Lima avec une américaine, dont l'authenticité est difficile à vérifier simplement et qui ne semble avoir été incluse au scénario que pour rajouter une touche romanesque au film qui sans celle-ci aurait sans doute manqué de péripéties. Oui, des années passées à balayer le désert ne permettent guère de construire un scénario à rebondissements.
Par contre, si je m'en réfère à Wikipédia, le film présente des inexactitudes majeures. D'abord, Paul l'archéologue avec lequel travaille Maria n'est pas du tout français, mais américain même s'il se prénomme bien Paul ! Mais pourquoi alors ? La recherche d'un effet cocorico ? Le fait qu'il s'agisse d'un film français, financé par des capitaux français ? Et puis il semblerait que ce soit bien ce Paul qui ait émis le premier l'hypothèse du calendrier astronomique géant, alors que dans le film on voit Maria, seule contre tous, faire émerger cette hypothèse après des mois d'une vie d'ermite dans le désert. Alors qu'elle aurait simplement aidé Paul à cartographier les lignes de Nazca. Bon, ce n'est que Wikipédia et peut-être que le film lui rend l'hommage qu'elle mérite vraiment. Après tout, il est fréquent qu'un homme s'attribue le mérite d'une femme qui a fait tout le boulot. Mais, dernière chose, il semble que la théorie du calendrier astronomique géant ait été depuis les années trente battue en brèche et que d'autres explications seraient également crédibles.
Voilà, il y a tout ce que je peux reprocher au genre du biopic. Réécrire l'histoire pour entretenir la légende d'un personnage. Après, il semble exact que Maria Reiche a voué sa vie à l'étude des lignes de Nazca, ce qui mérite le respect, bien plus que si elle était restée en Allemagne à la fin des années trente, où elle aurait pu faire des choses bien moins respectables.