Depuis Psycho, le premier d’entre eux, réalisé par l’homme qui en savait assez sur « la terreur née de la surprise » et « le suspense né de la conscience avertie », il y a des scènes que je ne peux regarder que les deux mains sur les yeux, en les écartant un peu (comme dans l’affiche d’ailleurs) ou en coupant le son, parce que sans le son, c’est moins dur à regarder.
Voilà, j’ai un seuil de tolérance (oh ! le gros mot en politique) non seulement dans le domaine de la température mais aussi dans le domaine de l’image et du son au cinéma. Je suis un peu comme le personnage principal d’Orange Mécanique, je ne peux pas tout voir même si je fais des choses qui sont peut-être pires que celles qu’on veut m’obliger à regarder.
Quel rapport avec Lady Vengeance ? À votre avis ?
Déjà les scènes de pistolet sur la tempe d’un personnage en gros plan, comme chez Fincher au moins deux ou trois fois, pour que je me demande si une cervelle ne va pas exploser devant moi, éclaboussant mes vêtements et le canapé dans lequel je suis assis, merci, très peu pour moi.
Le cinéma de l’agression, le cinéma « coup d’poing dans la gueule », je le laisse à qui aime ça, Et me souvenant avoir lu que Werner’Herzog disait vouloir filmer ce que personne n’avait vu avant, je me demande s’il n’y a pas ici une volonté de montrer une violence dans la vengeance, le thème du film évidemment, qu’on n’avait jamais vue avant.
Cela, il y a aussi, et heureusement, une virtuosité technique et une beauté plastique introuvable dans n’importe quel Massacre à La Tronçonneuse.
Voilà pourquoi je mets à ce Lady Vengeance la note de cinq sur dix, soit la moyenne de a) dix sur dix pour sa qualité cinématographique et b) zéro sur dix pour le supplice qu’il m’a fait endurer : il faut bien se…venger.