Initialement, "We live in time" a fait parler de lui pour sa première affiche, présentant nos héros roucoulant devant une hideuse tête de cheval jaune de carrousel. Un canasson qui fit l'objet de nombreux détournements en ligne, au point que les distributeurs l'ont dégagé fissa de l'affiche. Et même du film, la scène en question étant très courte et le cheval à peine visible !
Bon je m'égare, qu'en est-il du long-métrage ? Sur le papier, il s'agit d'un mélodrame somme toute classique. Un cadre divorcé rencontre une chef culinaire très talentueuse, et c'est le coup de foudre. Nous verrons leur vie sur plusieurs années, avec de beaux moments de bonheur... mais aussi de grands malheurs.
Pas grand chose de neuf en soi, ni sur le concept, ni sur le propos : accepter de vivre l'instant présent, tel qu'il est, plutôt que de faire des plans sur la comète.
Néanmoins, "We live in time" est professionnellement emballé, et demeure intéressant de bout en bout. Ne se privant pas de quelques touches d'humour bienvenue. Le film peut surtout s'appuyer sur ses deux comédiens. Malgré une différence d'âge de 12 ans, Florence Pugh et Andrew Garfield rayonnent, et l'on croit sans mal à leur couple, très naturel à l'écran.
Je serai plus partagé sur l'approche non-linéaire retenue par John Crowley. Oui, cela permet d'ajouter un peu de suspense ou de décalage par moment. Toutefois cela rajoute une complexité inutile au récit. Bon, il se trouve que par hasard, j'ai visionné hier "Paranoid Park"... qui fait la même chose. Donc forcément il y a un petit effet ras-le-bol.
Mais "We live in time" plaira aux amateurs de mélodrame.