Je ne sais plus si ça se fait encore, mais je me rappelle qu'à mon collège, quand je devais avoir 14-15 ans, on avait droit en cours de biologie à des vidéos initiatiques sur la sexualité, avec de petits films qui montraient les organes génitaux masculins et féminins, les moyens de contraception, des choses qui nous étaient étrangères à l'époque, en tout cas pour moi, parce que j'attendais à cette époque la sortie japonaise de la PlayStation, je ne ratais pas un épisode de Dragon Ball Z au Club Dorothée et que les filles c'était nul !
Ceci étant dit, les vidéos d'initiations étaient carrément un sous-genre en soi dans les années 1960 et 70, aux Etats-Unis mais aussi et surtout en Suède, car dans le cas présent, Language of love, je ne ferais pas l'affront de vous dire le titre original, était carrément financé par le ministère de l'éducation suédois afin d'éduquer ces chères têtes blondes (c'est le cas de le dire).
Sur 100 minutes, où le fil rouge est une discussion entre quatre sexologues, deux hommes et deux hommes, ceux-ci parlent du plaisir des sens, des différences entre les hommes et les femmes, des moyens de contraception, faire l'amour quand on est enceinte, le manque de désir, et tout ça illustré soit par des graphiques, ou alors par la démonstration via des acteurs qui font l'amour devant la caméra.
Alors, comme on disait quand on se faisait choper par les parents quand on regardait des films pornos ; c'est pour apprendre ! C'est clairement tourné vers le sens de la pédagogie, avec des scènes sexuelles le plus souvent simulées (avec un insert clairement pornographique), mais qui sont sans équivoque sur ce qu'on voit, aussi bien la masturbation féminine et masculine, le cunnilingus, les caresses... Pour la fellation, il faudra passer par Gorge profonde. Rien de vraiment excitant dans tout ça, mais c'est plus amusant qu'autre chose avec le recul du temps. Notamment en guise de mise en scène, avec deux décors en tout et pour tout, avec une grande feuille quadrillée pour faire les fenêtres, et un lit tournant pour voir les scènes sexuelles sous toutes les coutures.
Si je suis ignare en matière de sexualité, il y a un truc que j'ai trouvé intéressant ; c'est un graphique qu'on voit évoluer en temps réel au fur et à mesure que la femme approche de l'orgasme en se masturbant. On voit que ça évolue très lentement, mais que le plaisir est plus fort que chez l'homme, qui lui monte et descend assez rapidement.
Aussi fou que ça puisse paraître, Language of love a clairement été poussé par le gouvernement suédois de l'époque pour inciter les gens, jeunes et moins jeunes, à faire leur éducation sexuelle, et ça a été un énorme succès, et qui a été exporté dans plein de pays. Pour être plus sérieux, il est impossible de parler de de ce film d'un point de vue cinématographique, mais d'un point de vue sociétal, et oui, il a marqué son temps. D'où sa parution cinquante ans plus tard en blu-ray, dans une superbe édition entièrement sous-titrée en français, et l'image restaurée par la cinémathèque suédoise !