Probablement l'un des plus gros bides de l'année 2018 et peut-être le plus injuste aussi. C'est drôle, Richard Linklater semble à la fois s'éloigner de ce qu'il fait habituellement sans que ce soit vraiment le cas. Je m'explique : ici, pas d'histoire d'amour ou de famille, mais quand même une vraie réflexion sur le temps qui passe et sur l'Amérique d'aujourd'hui, la Guerre du Viêt Nam ET celle en Irak... Le bonhomme n'est donc jamais vraiment éloigné de ses sujets de prédilection, signant cette fois un hymne à l'amitié, très dialogué, où il se passe à la fois peu et beaucoup de choses.
Ce « voyage » souvent mélancolique a quelque chose de triste et touchant, les trois héros étant conscients de leur situation, de la solitude qui les touchent, devant vivre avec les souvenirs douloureux d'une guerre même plus de quarante ans après. Le regard sur l'armée est sans doute un peu caricatural, le récit non sans quelques longueurs et le discours parfois trop appuyé, mais il y a quelque chose de vrai, de juste dans le lien qui allie le trio, dans les disputes comme dans l'apaisement, face au passé comme face à l'avenir, que le trio Steve Carell - Bryan Cranston - Laurence Fishburne (notamment le second) incarne à merveille. Imparfait, sans doute, mais un beau film, d'une grande dignité.