Le film se déroule le temps d'une émission télé en directe, en public.
Au montage, on en voit les coulisses et l'émission que regardent les spectateurs chez eux ou dans la salle.
Elle a des problèmes d'audimat alors le présentateur et le producteur veulent profiter d'une soirée spéciale Halloween pour faire du spiritisme façon L'Esprit s'amuse ou Victor Hugo...
Tout le public est déguisé en monstres et autres clichés d'Halloween.
On comprend que le présentateur télé, sous l'influence et emprise de son producteur, serait prêt-à-tout et même vendre son âme pour être en ...tête de l'audimat des (Méphisto)Télès: un univers impitoyable. (Prêt à tout comme le personnage de Nicole Kidman dans un film sur aussi une ambition télévisiuelle, 'To Die For').
Son audimat en baisse, il avait déjà osé dans le passé accepter d'avoir en direct sa femme quasi mourante, malade et cancéreuse comme invitée. Du quasi "emotionnal porn". (la placidité de David Dastmalchian fait que je ne sais pas lire son visage, ange ou démon?).
Pour sa soirée de spiritisme, il invite aussi un sceptique, une sorte de Gérard Majax, en charge de débusquer toutes les supercheries du monde spirit...
Ce maître du Vrai ou faux me rappelle aussi à sa façon le beau personnage de Colin Firth dans le chef d'oeuvre Magic in the moonlight. Colin Firth jouait aussi un magicien cartésien qui connait tous les tours des cartomanciennes et autres médium parlant aux morts ou des morts.
Voilà longtemps que je n'avais pas fini un film d'horreur: j'ai marché à fond et aimé. Sans doute car il est surtout un film sur la télé.
Je pense que c'est aussi parce que dans le temps, j'aimais beaucoup les émissions du soir à la télé: les Late Show.
Et j'aimais les films sur les coulisses de la télé ou du cinéma. J'ai par exemple même aimé les docs et film sur la rivalité Jay Leno et David Letterman qui se battaient pour les invités les plus distrayants (Changement de décors/the Late Shift ).
Récemment, j'ai même suivi à fond la prenante série Hacks où le vrai Jimmy Kimmel, présentateur aussi de Late Night, vient menacer une (fausse) consoeur car elle tentait de lui 'voler' une de ses invitées clé.
Mon présentateur préféré est Conan O' Brien dont un des sketchs était qu'il était parfois interrompu par un fantôme du studio ( un crooner, d'abord hyper sympas et charmeur, qui se révélait au fur et à mesure de son interview avec Conan, très homme de son temps, macho, raciste et hyper décalé...et c'était hi-la-rant).
Et de temps en temps, Conan O' Brien taillait même la barbe de ...Dieu (elle descendait du ciel et Conan sortait une énorme pair de ciseaux...encore plus drôle).
Mais j'ai jamais vu dans ces talk-shows de visite pour rire du diable ou d'un démon. A part les nombreux violeurs, pédophiles, tueurs de femmes et évadeurs fiscaux qu'ils ont reçus depuis leur début dans les années 50 jusqu'à nos jours.
Ce film d'horreur, aussi sur le deuil et l'arrivisme, me rappelle que j'ai toujours pensé que la/ma télé était parfois un des minis cercles de l'enfer.
Que la télé est une des zones d'un tableau de Bosch sur l'enfer ou les délices.
Dans notre fiction, le présentateur veut (prétendre...) interviewer un esprit.
Dans la réalité, on a interviewé pire en télé.
Toute honte bue, la télé a par exemple interviewé Charles Manson, DSK et le 'chanteur' Psy etc.
Toute honte bue, la télé aussi en directe, a accompagné Macron en train de baguenauder parmi les fantômes des victimes à Oradour-sur-Glane, sans que personne ne crie au crime de lèse-majesté.
J'avais trouvé émétique le bruyant barnum suivant Macron sur ces lieux de massacre avec des moments de propagande vulgaire où une enfant lui saute dans les bras. Mes parents m'avaient trainé à deux reprises dans ces lieux effrayants où j'avais eu l'ordre de fermer ma gueule, ne pas jouer...je m'y suis même déplacé seul, apprenant le respect et n'oublierai jamais ces moments à la Silent Hill. Enfant et ado, marchant sur des oeufs parmi les ruines et les âmes d'Oradour-sur-Glane, je ne savais alors pas que Macron et ses télés y viendraient en masse criarde aux visages démoniaques déformés par la sycophanterie, sans vergogne.
Après Late Night with the Devil, je ne reverrai pas du même oeil les archives télé du groupe déguisé en diables chantant en direct La Salsa du Démon ^^
Autres détails:
- la super voix off est de Michael Ironside (celui qui a des airs de Nicholson, partageant ses sourcils en cornes de petit diable)
- souvent la "musique intrigante" "jouée en thérémine", comme disent les sous-titres. C'est l'instrument où on semble jouer dans les airs et le vide.
- les hommes en hiboux géants au début et un seul à la fin, m'ont rappelé un film que je croyais de Dario Argento mais SC m'apprend qu'il est de Michele Soavi, Bloody Bird.