Layla, 18 ans, néerlandaise d'origine marocaine, se rebelle contre un environnement qu'elle juge hostile. Radicalisée, elle part pour la Jordanie avec l'homme qu'elle vient d'épouser. Comme Le ciel attendra, Layla M. est un regard féminin sur le fondamentalisme religieux à travers le parcours radical d'une adolescente. Le parallèle s'arrête là. Le film de Mijke de Jong ne convoque pas l'émotion, se voulant neutre dans son récit et se contentant d'enregistrer l'évolution d'une jeune femme qui cherche sa route, comme une émancipation dans une société où ses croyances et son engagement sont pour elle bafoués. La première partie, à Amsterdam, est la plus réussie, le passage par Amman, beaucoup moins, devenant plus confus dans l'analyse de la psychologie de Layla. Le principal atout du film vient de son interprète, Nora El Koussour, vibrante et saisissante dans sa colère. Son histoire d'amour avec son compagnon donne les meilleures scènes, dans une réalisation globalement décevante avec cette neutralité de ton qui n'est pas loin de la fadeur. Layla M. a été choisi pour représenter les Pays-Bas à l'Oscar 2018 du meilleur film en langue étrangère.