Un compositeur, que sa mère a élevé seule, quitte sa femme qui, se croyant à tort trompée par son mari, vient d'avorter. Il part pour l'Amérique et ne reviendra que 7 ans plus tard. Après Le loup de Malveneur, Guillaume Radot accepte une commande subventionnée par le ministère de la famille de Vichy pour son second film. On y parle d'avortement, mais de façon assez prude, dans le but de stigmatiser les femmes qui y recourent et d'encourager la natalité. Il s'agit donc d'un mélodrame de la plus belle eau, que d'aucuns pourront bien trouver effarant mais qui, cependant, ne manque pas de qualités dans sa mise en scène et dans l'interprétation d'Annie Ducaux et de Jacques Dumesnil. Son côté romanesque et romantique sont prenants à condition de s'efforcer de se remettre dans la position d'un spectateur du temps de l'Occupation. Le bal des passants est le deuxième et dernier film connu de la petite Bijou, dont on perd la trace après la guerre et qui a inspiré un roman éponyme à Patrick Modiano.