Quand Disney noircit ses desseins
A travers la filmographie Disney, Le bossu de notre Dame est peut-être bien l'un des plus sombre. Ce film de 1996 sorti après Toy Story et Dingo et Max marque un réel changement dans les caractéristiques Disney en général.
Bon ok Disney c'est pas les bisounours, de la métaphore du viol dans Blanche Neige, jusqu'à la mort de la maman de Bambi, on est loin de la douceur et de la tendresse ... mais Le bossu de Notre-Dame ... Pouf
La Bossu de Notre-Dame aborde déjà des sujets de sociétés sensibles, mais il s'attaque surtout au harcèlement psychologique.
Quasimodo est la représentation même du syndrome de Stockholm : séquestré, martyrisé, lobotomisé. Frolo fait vivre un cauchemar à ce personnage, a tué sa mère, probablement son père et l'adopte par terreur de l'enfer mais n'éprouve aucun remord. N'oublions pas ce passage formidable ou il lui fait réviser son alphabet (nous pouvons alors nous poser la question de l'âge de Quasimodo ?) où Frolo nous fait un magnifique "A comme Abomination" (tu le sens le harcèlement tu le sens bien).
Nous sommes donc face dès le début du film à une victime, doublé par la "belle et jolie" Esmeralda qui se fait poursuivre par des affreuses brutes dans Paris, et qui danse en petite tenue dans les rues de Paris et à la fête de fou (oui elle danse autour d'une pique de piquetier à la fin du spectacle) (est-ce que tu sens l'allusion à la femme objet ? est-ce que tu sens l'allusion au strip tease ? voir à la prostitution) Bref que ça soit le handicap physique ou le fait d'être une femme (de plus étrangère) il n'est pas bon de vivre à Paris à cette époque et Disney te le fait bien comprendre !
Continuons par la fête des fous : ultime représentation d'une société de dépravation ( Frolo tout fier que cela se finisse mal, nous l'indique clairement) Quasimodo subit une humiliation totale, pas un geste de douceur devant cette scène qui rappelle la capture d'un animal sauvage. Encore une fois, Disney ne nous fait pas de cadeaux, au contraire il nous font bien joué entre le ressenti de Quasimodo au début de la fête ( nous sommes sous son point de vue à ce moment du film, nous avons hâte de voir la fête comme lui puis la subissons comme lui, nous retrouvant dévoré par le remord quand la fête tourne mal, spectateur d'une torture sous le regard réprobateur de Frolo). Oui Le Bossu de Notre-Dame t'implique psychologiquement dans la souffrance de Quasimodo, beaucoup plus que dans celle d'Esmeralda ou de Phébus qui sont finalement des personnages secondaires.
La suite est d'un sordide assourdissant, nous découvrons la passion malsaine de Frolo pour Esmeralda dans un décor sombre et effrayant comme Notre-Dame les jours de pluie. Ne parlons pas du moment ou il cherche Esmeralda et décide de brûler une maison avec Femme et enfants à l'intérieur. Nous dépassons, ici la logique du spectateur et même si Phébus décide de ne pas faire le geste de balancer la torche il ne peut cependant pas l'empêcher.
On peut analyser le fort rapprochement dans ces scènes avec le film Pocahontas qui est sorti un an avant même si Pocahontas n'atteint (peut-être) pas se stade d'horreur. On peut déjà voir que la haine est représenté par le feu.
Pour finir la Première partie du film, Phébus et Esmeralda qui s'embrasse sous les yeux de Quasimodo, cloture l'horreur que vit le personnage, Esmeralda était sa seule alliée mais elle ne peut pas l'aimer puisqu'il est laid. Il restera malgré tout un monstre, malgré sa gentillesse, elle ne le voit pas comme un homme à séduire, là ou Phébus semble avoir toutes les "qualités" physiques nécessaires. (N'oublions pas que la première rencontre d'Esmeralda avec Phébus est dans une rue de Paris et que Phébus à un regard très différents de ceux des princes des Disney habituels en la voyant) PATATRA la fin de la première partie.
La Deuxième partie est beaucoup plus saccadé et violente. Puisque Frolo fait bien comprendre ses desseins qui sont essentiellement de brûler toute une population (sisi c'est ça). Phébus à moitié mort et Quasimodo vont retrouver la cité des Miracles qui est bien au fin fonds des catacombes. Les gitans vivent donc bien dans les catacombes et les gardes de l'entrée sont bien déguisés comme les squelettes qui les entourent. Nous sommes bien sous un cimetière au milieu des cadavres quand le chef des bohémiens décident de pendre haut et court les deux amoureux d'Esmeralda. Bien sûr cette scène absolument grotesque n'empêche pas le geste meurtrier de presque se produire puisqu'Esmeralda arrive au moment ou l'on abaisse le levier ... Bref, après que Frolo est retrouvé tout le monde grâce à Quasimodo, il l'humilie de nouveau en le séparant des autres et en l'enchainant comme une bête en haut de Notre-Dame. Devant la cathédrale Esmeralda doit être brûlé. Les hommes sont en cage, l'homme religieux retenu dans son églises comme le militaire dans sa cage, la population repoussée. Frolo propose encore une fois à Esmeralda de lui laisser la vie sauve si elle ... se laisse faire ? et la fin se fait dans un tourbillon de lave et de violence puisque Frolo tente de poignarder Quasimodo.
Bon Frolo meure ne vous inquiéter pas (on est pas dans la reine des neiges, ici, l'affreux méchant ne survit pas). Mais n'empêche que ce Disney reste un des plus crédibles dans l'absolu. nous n'y voyons pas beaucoup de magie d'ailleurs (comme dans Pocahontas) la majorité des choses surnaturelles se déroulant dans le film pouvant être considéré comme des hallucinations des personnages (sisi). Pour finir, la plus grande scène et peut-être quand Quasimodo soulève le corps d'Esmeralda en haut de la cathédrale au dessus de la foule parisienne médusé en hurlant "Droit d'asile !" Bref entre Pocahontas et Notre-Dame, il y a quelque message politico-historico-psychologiques qui passent.
Finalement dans ma haine total des Disney, je retire quand même ces bons films qui ont le mérite de débattre de sujets, et Le Bossu de Notre-Dame fait quand même réfléchir, beaucoup plus du moins que la Belle au bois dormant ... qui dort toujours.
bravo Disney pour ce film !