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Périgord noir
Attention, je dévoile une grande partie de l'intrigue dans cette chronique. Dans Le boucher, Claude Chabrol convoque une France désuète et surannée, celle d'un petit village tranquille et jovial,...
le 1 mai 2022
Attention, je dévoile une grande partie de l'intrigue dans cette chronique.
Dans Le boucher, Claude Chabrol convoque une France désuète et surannée, celle d'un petit village tranquille et jovial, proche de Périgueux, qui marie ses enfants sur une valse d'accordéon, celle d'élèves qui se lèvent comme un seul homme à l'appel de la maîtresse, laquelle possède un compte à l'épicerie du centre, sorte de boîte à cancans et informations diverses où viennent s'approvisionner des retraitées en blouses et fichus sur le crâne, celle où l'on se "fréquente" avant, éventuellement, de convoler, celle d'une sérénité provinciale scandée par la langueur des saisons et les dictées d'Honoré de Balzac...
Dans ce monde presque clos, Jean Yann et Stéphane Audran se rencontrent simplement lors d'un banquet. Provoquant la revoyure, ils s'interrogent et interrogent, dessinant avec beaucoup de tact et sensibilité leurs portraits intimes, leurs fêlures et traumatismes, et dévoilent qui une douloureuse rupture, qui un père abusif, qui les horreurs des guerres coloniales.
La survenue anxiogène de meurtres de jeunes filles conclut le tableau psychologique, peignant un formidable monstre à visage humain, sans esbroufe ni obscènité, psychopathe bonhomme pénétrant ses victimes de son cran d'arrêt tout en préservant leur chasteté, prétendant un peu gauche et touchant demandant l'autorisation d'un baiser mais déversant ses pulsions maladives, sa frustration et ses angoisses sur des innocentes. "Cro magnon était un homme parce qu'il avait fait évoluer ses désirs en aspirations" déclare à ses mouflets Stéphane Audran, les psychotiques aussi semble sous-tendre Chabrol...
Jean Yann campe magistralement ce boucher de campagne, ébloui par la remarquable Stéphane Audran, l'image de femme moderne qu'elle renvoie, ses pulls moulants, ses jupes mini, ses chemisiers diaphanes, et interdit devant son sentimentalisme pudique et désabusé.
Utilisant les atouts du village périgourdin, Chabrol capte adroitement deux atmosphères juxtaposées, le confidentiel d'une relation naissante et l'écho provoqué par la présence d'un tueur, pour les amalgamer ensuite dans un efficace climat de suspicion avec à la clé quelques scènes très sympathiques : Audran devant se remémorer toutes les portes d'entrée de son école pour courir les refermer, les battements du cœur symbolisés par le voyant clignotant d'un ascenseur qui finira inexorablement sa course ou encore la chasse aux champignons.
Chronique rurale authentique, film psychologique généreux persillé de policier:
un morceau de choix bien emballé.
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Créée
le 1 mai 2022
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7
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Attention, je dévoile une grande partie de l'intrigue dans cette chronique. Dans Le boucher, Claude Chabrol convoque une France désuète et surannée, celle d'un petit village tranquille et jovial,...
le 1 mai 2022
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Critique avec SPOILERS donc si vous ne l'avez pas vu ne lisez pas ce qui va suivre! Dans un petit village du Périgord,l'institutrice Hélène David (Stéphane Audran) et le boucher Paul Thomas dit...
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Ha, j'pensais que c'était un film français en noir et blanc datant des années 40, en fait c'est un film français en couleurs datant des années 70 ! Diantre qu'est-ce que je me suis embêté devant ce...
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Dans un futur proche, quatre jeunes gens s'engagent dans l'armée afin d'acquérir plus rapidement la citoyenneté fédérale et sont confrontés aux horreurs de la guerre contre des insectes géants d'un...
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