L'homme parle, il communique grâce à l'usage de la parole. Il assemble des mots qui finiront par former une phrase, une conversation puis un échange..
Si Le Brio se suffisait à cela, il nous parlerait des prémisses du langage, de son acquisition au fil du temps, de son appauvrissement.. Mais ce n'est pas totalement le sujet du film..!
Yvan Atal préfère plonger le spectateur dans une autre analyse linguistique, peut-être plus sombre : la manipulation à partir des stratagèmes de Schopenhauer.
L'introduction est exprimée par de grands orateurs des temps modernes : le charisme de Gainsbourg, de Brel ou encore de Romain Gary passe par leur posture, se transmet par leur silence et leurs choix terminologiques, ces derniers emprunts de précision et de réflexion.
Ils dégagent quelque chose, et c'est ce "quelque chose" qui nous est donné à voir.
Qui ne s'est jamais senti désemparé face à l'auditoire ? La voix tremblante, le corps mou, courbé, dégageant un sentiment d'insécurité, de doutes.. ?
Outre l'opposition extrême des protagonistes qui utilise les clichés raciales et stéréotype les personnages pour asseoir son synopsis, j'ai apprécié le fond et l'accompagnement de ce professeur hors du commun , pour permettre à une jeune banlieusarde de réussir à gagner un concours d'éloquence.
A travers ce film, les stratagèmes de la manipulation sont expliqués et l'on se résout à penser que "l'Art" de l'éloquence9 porte définitivement bien son nom.