Patrick,cadre dynamique à la carrière florissante,traîne depuis l'enfance son boulet de meilleur ami Sami,parce que celui-ci lui a sauvé la vie à l'occasion d'un accident de ski lorsqu'ils étaient ados.Le gars est une vraie plaie,c'est un scénariste raté qui ne vend jamais aucune histoire et surtout c'est un hypocondriaque fanatique éternellement persuadé d'avoir chopé une maladie grave.Lors d'un énième examen,il surprend une conversation entre son toubib et une infirmière,dont il déduit à tort qu'il est condamné à brève échéance.Sur un coup de tête,il décide de partir en Inde,pour y consulter un gourou guérisseur qui parait-il fait des miracles.Patrick,persuadé d'être la cause de ses problèmes de santé,l'accompagne dans ce voyage qui sera mouvementé.Gérard Bitton et Michel Munz,obscurs scénaristes de télé,ont décroché le jackpot en 97 en écrivant le script de "La vérité si je mens!",énorme carton.Ils récidiveront en 2001 avec "La vérité 2",puis se lanceront dans la réalisation l'année suivante avec "Ah!Si j'étais riche",qui a bien marché.Pour leur deuxième film,ils ont pris la confiance et,produits par Charles Gassot,se sont aventurés dans la comédie exotique tendance "La chèvre",se ramassant en beauté.Incroyable de voir à quel point rien ne fonctionne ici,c'est un festival de loupés à tous les niveaux.La réalisation est alerte mais il n'y a rien dans le cadre.On ne croit pas aux personnages ni à leurs relations,tout est outrancier sans jamais être drôle,les gags tombent à plat,la prévisibilité est à son maximum et on sait toujours d'avance ce qui va se passer tandis que défilent inlassablement clichés moisis et plaisanteries de comptoir,sur une musique signée Munz dont on se serait bien passé.Quant à la partie indienne,elle empile les poncifs et les idées reçues sur le pays et semble n'être là que pour permettre à l'équipe d'aller se les dorer au soleil aux frais du père Gassot.On saisit vaguement qu'il y a une faible tentative d'explorer les arcanes de l'amitié,thème favori des auteurs qui l'ont décliné tout au long de la saga "La vérité" et qui les concerne puisqu'eux-mêmes sont amis depuis leur jeunesse.Mais ça ne prend pas,tout est superficiel et on se fout complètement des péripéties bidons qui polluent l'écran.Dans ce contexte,les acteurs doivent en rajouter et ces sagouins ne s'en privent pas.On ne croit pas une seconde à Clovis Cornillac en yuppie qui a tout pour être heureux et sacrifie tout pour épauler son mytho de copain,et les malheurs qui s'accumulent sur lui n'ont rien d'amusant.Pascal Elbé n'est pas plus convaincant en raté geignard et exaspérant,on aimerait bien qu'il soit réellement malade.Pas très logique non plus le comportement d'Alice Taglioni qui joue la copine de Cornillac et s'étonne d'être larguée après s'être conduite comme une pute,mais bon l'actrice est si jolie qu'on lui pardonne beaucoup.Pierre Richard est pathétique en vieux hippie français et camé resté vivre en Inde,Anne Suarez passe vite en adepte des médecines halieumachins orientales,Jean-Pierre Darroussin est très bon en patron énervé,tout comme Christian Charmetant en docteur excédé par son malade imaginaire.Jacky Nercessian et Elise Larnicol font un bref passage en producteurs recalant Sami,tandis qu'un tout jeune François Civil,15 ans à l'époque,tournait là son premier film en incarnant Cornillac ado.Note et critique de film de Gérard Bitton et Michel Munz publiées précédemment:"La vérité si je mens!Les débuts"-4.Moyenne:2,5.