Une immense bouffonnade retraçant en scènettes sans queue ni tête (ou plutôt sans tête et avec de moins en moins de queue) la vie de Casanova. Mon compère de visionnage m’informe que Fellini voulait un portrait à charge du « violoniste, écrivain, magicien, espion, diplomate, bibliothécaire » et vénitien (dixit Wikipedia), le trouvant caricatural de l’Italien frimeur, hâbleur et dragueur. Il campe donc un Casanova camp : Sutherland ressemble à un terrifiant croisement de Divine et de Marc Labrèche quand il joue Brenda.
Un point pour les intérieurs barroquissimes, pas de point pour les décors extérieurs qui confinent, surtout au début, au foutage de gueule, un point pour les costumes flamboyants qui franchissent deux siècles pour verser dans le kistsch, même s’ils parviennent à rendre monstrueux hommes et femmes, deux points pour la jolie scène où il croise sa mère, dans un opéra vide aux immenses lustres, lesquels sont abaissés pour que les chandelles dont ils sont couverts soient éteintes.