Le Casanova de Fellini par Maqroll
Après ce qui est sûrement son chef-d’œuvre, Amarcord, Fellini donne ce qui est sans doute son film le plus faible avec cette illustration des mémoires de l’illustre séducteur de Venise. Pour commencer, Donald Sutherland manque d’envergure pour ce rôle. On voit ce qui a séduit el maestro, une « structure » en fragments (donc déstructurée), comme dans Le Satiricon par exemple… Mais ici il maîtrise mal ce sujet quelque peu imposé et ça se voit trop. La progression dramatique est inexistante, les scènes trop répétitives et le propos de la fin (un peu conventionnel et très œdipien classique) arrive comme un cheveu sur la soupe… Fellini a rencontré en cours de tournage des difficultés avec son producteur et des scènes n‘ont pu être tournées. Cela nuit certainement à la cohérence de l’ensemble. Mais il reste bien évidemment des qualités comme cette fin, justement, très nostalgique, très fellinienne, avec ce refuge auprès de la femme parfaite (qui n’en est pas une), seule capable d’incarner les fantasmes inassouvis d’un éternel insatisfait. A cet égard, la scène avec la mère manque quelque peu de force… Un Fellini désarticulé, quelque peu désabusé et grinçant aux entournures !