Le cinéma iranien a été très à la mode dans les années 90,notamment à travers les films de Kiarostami,malgré une qualité générale assez faible due à des productions creuses et emmerdifiantes plombées en plus par la féroce censure locale."Le cercle" est une jolie réussite qui fait figure d'exception dans ce contexte.Lion d'Or à Venise en 2000,le film suit un schéma similaire à celui de "La ronde" d'Ophuls.On reste un moment avec un personnage dont on suit les aventures ,puis on l'abandonne pour accompagner un protagoniste rencontré par le premier intervenant,et ainsi de suite.Dans ce film,les personnages sont des femmes en grande difficulté,en butte aux obstacles d'une société machiste,injuste et arriérée.Pas étonnant que Jafar Panahi ait eu de gros ennuis dans son pays quand on voit la description qu'il fait de l'Iran contemporain.Nul besoin d'être féministe pour se trouver écoeuré et révolté devant le sort réservé aux femmes iraniennes.Privées de droits,épiées,méprisées,soumises aux diktats masculins,emprisonnées pour des motifs futiles,les héroïnes de Panahi font front avec courage mais ne peuvent pas grand-chose dans une société écrasée par une omniprésente pression policière et conditionnée par un ordre religieux et administratif d'un autre âge.Le réalisateur nous promène à travers un pays miséreux,surpeuplé et bordélique dominé par des hommes eux-mêmes effrayés par un pouvoir oppressif.Son film,à la narration maîtrisée,dépeint avec clarté une situation terrifiante.