J'en ai vu des films qui mettent en évidence ce monde si spécifique qu'est la forêt. Que ce soit via des reportages ou bien des oeuvres de fiction - allant de L'Ecole Buissonnière au Mal n'existe pas. Mais jamais je ne l'avais vu représentée de la sorte depuis Le Chant des Forêts. Rarement je n'avais vu un film qui parvient, par le pouvoir de l'image, à retranscrire toute sa beauté sans pour autant surexploiter son charme sylvestre. Ici, tout n'est pas vert, ensoleillé et beau, mais plutôt mystique, légendaire. Ne serait-ce que les premières secondes du film, la caméra s'arrêtant sur une brume qui va dévoiler peu à peu les silhouettes des arbres. Ici, Vincent Munier arrive à donner à la forêt une ampleur démesurée, une ambiance à nulle part ailleurs. Par le biais d'un travail sonore d'exception, d'un visuel grandiose qui joue sur les ombres et la lumière, et d'un montage qui joue sur le hors-champs, le film transporte. Il nous emmène dans un univers si sauvage et hypnotique que l'homme n'a clairement pas sa place. Qu'il n'arrive pas à comprendre et respecter, alors qu'il ne fait que le détruire. Une véritable pépite sensorielle, qui perd malheureusement de son charme quand le documentariste, sa famille et son équipe posent leurs valises en Norvège. Dès que ce moment arrive, une cassure se produit. En se focalisant sur l'humain - au point d'intégrer de la technologie, comme un téléphone portable - et sur la beauté des paysages, Le Chant des Forêts perd de son aura particulière qu'il avait su instaurer dès son introduction. Et donne l'impression d'être face à un film en tout point différent. Et c'est quelque peu dommage...