Les documentaires animaliers m’ont toujours émerveillé, principalement par la maitrise de ceux qui les réalisent pour capturer l’instant magique où « quelque chose se passe ». J’avoue que je suis aussi agacé par la scénarisation de certains de ces films. J’avais trouvé dans « la panthère des neiges » quelque chose qui disait que la nature ne se plie pas à un scenario et une maitrise technique. Il y avait quelque chose dans ce film qui touchait à l’intime et c’est ce que j’ai retrouvé dans ce chant des forêts. Un film où tout va par trois : trois générations, trois visions, trois messages.
Le film est d’abord une merveille esthétique, presque abstraite, on sent que celui qui filme cherche à capturer le presque invisible. La nature devient un tableau mouvant. On ne sait plus vraiment ce que l’on voit et on ressent une émotion pareille à celle que fait naitre un tableau. Les animaux sont des ombres, des silhouettes floues. Leur passage bref nous montre que, dans la nature, rien n’est acquis. Les moments où les animaux sont vraiment visibles deviennent comme des offrandes au spectateur qui ressent le froid des longues attentes de ceux qui guettent pour espérer apercevoir un oiseau, un lynx. Les trois générations, un grand-père, son fils et son petit fils soulignent que l’éducation à la nature n’est pas affaire de théories, mais d’un récit sensible qui touche à quelque chose de profond en nous ; un récit à transmettre. Les messages sont identiques : nous ne comprenons pas la part sauvage de la nature, mais elle nous émeut. Nous la voyons s’abimer et disparaitre sous nos yeux impuissants. Nous pouvons faire quelque chose, chacun avec nos ressources. La salle était pleine, émue par la beauté et les mots simples qui disent la beauté du « sauvage ».