Moins connu que Abou-Seif et surtout Chahine, Henri Barakat est l'un des plus brillants représentants du cinéma égyptien classique, tout au long d'une carrière de 55 ans pendant laquelle il a tourné plus d'une centaine de films. La prière du rossignol (l'un des rares disponibles en DVD) est un mélodrame flamboyant, mais pas plus outré qu'un Sirk ou un Borzage. C'est avant tout un reflet de la société égyptienne de l'époque, avec ses castes et ses interdits, et un portrait d'une lucidité effrayante sur la condition des femmes. Le noir et blanc est remarquable et la mise en scène n'a rien à envier aux maîtres américains.