Ce qu'on a pu s'ennuyer, face à ces longs plans statiques qui filment le personnage principal qui respire assis sur une chaise ("passionnant"), face à cette intrigue qui tombe souvent dans l'excès (on a du mal à croire à cette obsession pour une femme virtuelle, qui prend son personnage principal pour un homme de Cro-Magnon un peu neuneu) ou dans l'incohérence (le garde-côtes ne parle pas la langue du jeune homme, et pourtant ils se comprennent... Mais bien sûr), face à des délires de l'auteur qu'on ne comprend pas (les insulaires qui se transforment en divinités bizarres autour du feu, le cimetière de baleines ultra tape-à-l’œil qui devient un désert de déchets...). On voit à peu près ce que le cinéaste a tenté de faire : montrer l'isolement des Russes qui vivent dans les terres froides à la limite de l'Amérique du Nord, montrer la déconnexion au monde réel (bien qu'on n'y ai jamais cru, pour notre part, ici trop poussive), dénoncer la pollution dont les déchets remplacent la faune et la flore... Oui, on voit l'idée, mais la réalisation est tellement monotone, lente, molle du genou et maladroite qu'on est passé à côté de chacun des sujets. Même le "héros" est antipathique au possible, on aimerait le secouer et lui dire d'arrêter son délire nunuche. On notera seulement la jolie chanson de Johnny Cash au début du film, seul point de bon goût. Assommant, The Whaler Boy ne nous donne jamais l'ivresse des profondeurs, malgré sa propension à couler à pic.