Dans la veine de The long goodbye / Le Privé (de Robert Altman, qui produit celcui-ci), ce polar décalé de Robert Benton (un des réalisateurs US les plus irréguliers et parfois les plus surprenants, quand il réussit son coup: scénariste de Bonnie & Clyde, du Reptile et de.. Superman (?!?) ; réal. de Kramer contre Kramer ou La mort aux enchères..) est à mettre dans une liste des "films où une paire de protagonistes qui n'avaient rien en commun finissent par s'entendre tout de même". Il y en a pléthore, certes, et des mieux réussies, mais j'avoue que les bougonneries du vieux privé boiteux joué par Art Carney confrontées aux élucubrations post-hippies d'une Lily Tomlin évaporée finissent par faire mouche.
L'intrigue est emberlificotée à souhait, digne d'un Raymond Chandler qui se respecte ou d'un Dashiell Hammett mineur. A rapprocher d'un autre film pas complètement réussi mais curieux: No way to treat a lady (stupidement traduit par Le refroidisseur de dames; à ajouter dans une liste des titres stupidement traduits), dont le personnage du flic fleurait bon le névrosé post-freudien.
Idéal pour inclure dans un petit marathon de polars inhabituels et crépusculaires.