Masters of Horror : The Black Cat caricature davantage qu’il n’adapte l’œuvre littéraire de même nom. Le texte de Poe n’est qu’un prétexte à la mise en place d’un récit convenu à l’imagerie fort laide, dans laquelle l’auteur est interprété bien piteusement par un acteur sans charisme ni talent. Suivant une série de représentations erronées car fantaisistes qui contribuent à sa légende, Poe apparaît ici tel un pochetron sans le sou qui tire de la précarité de sa vie un potentiel fantastique et horrifique, réservoir qu’il exploite dans ses créations de sorte à mêler et emmêler fiction et réalité. Fallait-il pour autant jouer la carte usée des visions qui perturbent la perception diurne du personnage ? Stuart Gordon, que l’on a connu plus en forme, respecte un protocole comme on s’accroche au mode d’emploi pour monter une armoire : en résulte un petit téléfilm terne et sans âme, dont le gore échoue à divertir ou à heurter une sensibilité jamais émoustillée.