Le Choix ne parvient jamais à nous faire sortir de cette voiture lancée sur l’autoroute en direction de Paris : la cacophonie des voix issues des appels qui se croisent, se superposent voire se parasitent n’ouvre que peu de fenêtres sur les différents espaces nommés et décrits (le deuxième étage de la maternité, l’attroupement de Roumains occupés à poser des câbles électriques, la chambre conjugal) et se subordonne à deux contraintes que sont, du point de vue de la forme, un dispositif enfermant et, du point de vue de l’intrigue, une réflexion autour de la figure du père raccordée à ses responsabilités et à ses zones d’ombre. Nous comprenons dès le début que ces voix expriment une conscience tourmentée, et il manque alors le silence vertigineux pour les renforcer. Voir Vincent Lindon s’adresser directement au père défaillant sonne faux, ramène les autres personnages à leur seule prestation vocale. Un exercice théorique non dépourvu d’intérêt mais trop artificiel.