Réalisateur inégal, Alain Corneau était parfois capable de se surpasser, ce qui est précisément le cas ici. Lorgnant allègrement vers le cinéma de Jean-Pierre Melville et l'égalant pratiquement à de nombreuses reprises, « Le Choix des armes » s'avère une splendide série noire à la française, et ce dès les premiers instants. On sent d'emblée une maîtrise, une nervosité, une précision redoutable, sentiment qui ne vas plus nous lâcher jusqu'aux derniers instants. Pourtant, lorsqu'on y pense, rien de très original, mais quelle puissance, quelle technique, quel brio...
J'ai été bluffé de voir à quel point un scénario lambda se transformait en tragédie intense dans les mains expertes du réalisateur de « Police Python 357 », de ces films qui vous laissent une empreinte durable, un souvenir marquant. Seul regret : un Gérard Depardieu totalement excessif n'apportant pas l'ambiguïté nécessaire à son personnage, compensé toutefois par un Yves Montand magistral et d'excellents seconds rôles que l'on aurait presque envie de tous citer (Michel Galabru, Christian Marquand, Jean Rougerie). Pas grand-chose à ajouter, si ce n'est de vous précipiter sur ce superbe polar, un modèle du genre à redécouvrir.